J’ai écrit un article sur mon ami Pascal Rabaté

img_1369De quoi peut on être légitimement fier dans la vie, dès qu’on a fait abstraction de sa grande part de chance, de hasard, et de talent qui sont des choses les moins bien partagées et pour lesquelles personne n’a vraiment de mérite ? Hum ?

Pas de grand-chose en fait, sauf un seul truc.

Je dis que la seule chose sur laquelle on peut légitimement concevoir un peu d’orgueil, c’est de la qualité et de la fidélité de ses amis.

A l’occasion d’un numéro spécial consacré à la bande dessinée en Pays-de-la-Loire, la revue 303 m’a demandé d’écrire un article sur Pascal Rabaté. Je ne connais pas grand-chose à la bande dessinée, mais je suis copain avec Pascal depuis très longtemps.

J’ai donc écrit un des articles qui lui est consacré, même si c’est bien difficile d’écrire sur un ami qu’on tient en haute estime sans tomber dans le bénêt panégyrique.

Ce numéro spécial vient de sortir. Il est disponible en librairie.

http://www.editions303.com

 

 

Dans la France anti-migrants

Je ressuscite ce blog en accueillant un article que m’a adressé mon ancien collègue et grand ami Dominique Billaud, depuis sa retraite du Var : reportage sur une France plus fracturée que jamais. Je publie ce texte avec son autorisation. Il me prie d’ajouter que cette expérience, pour le moins sidérante, lui a aussi (et surtout) permis de rencontrer des gens de cœur.

Tout n’est pas perdu. La lutte continue…

Accueil sous haute tension à Tourves (Var)

« A quelle heure c’est, le couvre-feu ? »

Bienvenue à Tourves (Var). Sauf aux demandeurs d’asile et aux « bobos », « estrangers du dehors », qui proposent de leur venir en aide. Ici, les mots «  Honneur, fraternité, dignité » soulèvent une bronca. Cependant, à contre courant, un « collectif pour l’accueil » aurait déjà rallié 100 volontaires.

img_5493Trois mots rageurs bavent au bitume des rues, comme sur les affichettes qui fleurissent comme crocus au printemps : « Non aux migrants ! ».
Depuis la mi octobre, Jean- Michel Constans, maire (DVD) de cette commune de 5000 habitants (pour 6500 hectares), au cœur de la Provence Verte, a comme un caillou dans sa chaussure : 90 migrants évacués de la « jungle » indigne de Calais sont sur le point d’être hébergés, jusqu’au 31 mars, au village- vacances Tourvain, construit en 1986. Contre l’avis du maire, qui n’en peut mais : c’est le centre d’action sociale d’EDF, propriétaire du site, qui invite et qui reçoit.

C’est acté : Tourves sera donc l’un des « 184 Centres d’Accueil et d’Orientation » (CAO) de France. Qui accueillera, à lui seul, la moitié des demandeurs d’asile reçus dans le Var.

Plusieurs manifs, dont l’une à la puissance invitante… anonyme, et l’autre à l’appel du maire, entouré d’une dizaine d’élus voisins, écharpes républicaines en sautoir, ont traduit une quasi psychose nourrie de fantasmes les plus insensés (jusqu’au viol d’enfants), alimentés, dans le Var, par des blogs immondes et souvent menaçants (… de viols, justement, et de mort) dont Yvan Auriel, Procureur de la République de Draguignan, a été, enfin, saisi.

Migrant vaut « terroriste », mon enfant

Sous la plume de Guillaume Jamet (Var Matin), à son jeune enfant qui demandait ce qu’était un « migrant », une mère manifestante « répond sans sourciller : «  tu sais, les terroristes qui ont tué des gens à Paris, et bien c’étaient des migrants ».

Il importait donc de prodiguer toutes les informations, répondre à toutes les questions.

Ainsi fut fait (ou presque), mardi dernier, 18 octobre, au centre Saint- Pierre. Sous haute tension, et très haute protection des gendarmes, en grand nombre.

La salle pleine comme un œuf (260 personnes), une sono avait été établie au pied de l’amphithéâtre, au dehors, pour quelque 150 auditeurs de plus.

Au rendez-vous : le maire et une brochette d’adjoints et conseillers, les deux sous- préfets, le directeur départemental de la « Cohésion sociale », le numéro 2 du Groupement départemental de gendarmerie, les responsables de l’Association d’aide aux réfugiés et ceux des comités d’action sociale locale et territoriale…

L’un des sous préfet –un petit brun précis comme une lame, sec comme un coup de trique– soulève un point de sémantique capital, substituant au vocable de « migrant » celui de « demandeur d’asile » (Lire ci-dessous).

Mais la salle n’est manifestement pas venue pour parler « vocabulaire ».

« Aucun fiché S »

Le représentant de l’État embraye donc : «  3 à 5 mois pour instruire la demande… puis, si rejet par l’OFPRA, mesure d’éloignement… ». Même s’il ne dit pas pour où.

Il dit aussi les « 229 réseaux de passeurs pour autant de filières démantelées en 2015. Des marchands de misère ». Et : « vous pouvez mourir, en Irak ».
-« On peut mourir en France aussi ! » crie quelqu’un.

On parle « sécurité ». Cinq mois durant, les Tourvains verront « du bleu » comme jamais. Policiers municipaux, et surtout gendarmes de la Communauté de brigades appuyés par deux pelotons de surveillance « qui patrouillent déjà », plus « deux pelotons de Roanne », sans oublier « les motards », qui pourront « faire ouvrir les coffres des véhicules ».

À défaut de « fichés S » (juré-craché : il n’y en aura aucun parmi les résidents), voilà du moins les bracos autochtones ou les buveurs excessifs prévenus du risque de pièges collatéraux.

« La guerre, c’est pas le sujet ! »

Les empreintes de chaque exilé seront enregistrées. « Et tout manquement au règlement intérieur sanctionné d’une éviction » énonce le sous-préfet «Autant dire que sa demande d’asile serait très… compromise. Vulgairement parlant, ils se tiennent à carreau. Aucun délit n’a d’ailleurs été commis par un hébergé de CAO à ce jour».

À entendre le propos «  en creux », on peut aussi espérer que toute provocation ou agression perpétrée à l’encontre des réfugiés ou de leurs aidants sera tout aussi efficacement prévenue. Ou réprimée.

Pour les exilés enfin, outre quatre personnes employées à plein temps par le CCAS, on pourra compter sur « des animateurs en « traductorat » (sic) et en cours de Français issus du milieu associatif et des services de l’Etat. Plus un service de gardiennage 24 heures sur 24 ».

Mais qui sont-ils donc, ces hôtes tellement indésirés ? « Étudiants souvent diplômés , fermiers, ouvriers en ateliers, coiffeurs, infirmiers, ingénieurs…». Ils ont fui « l’Irak, le Kurdistan, la Syrie, le Soudan, l’Afghanistan et l’Érythrée »« Des hommes très ordinaires, très banals, au fond » évoque le dirigeant de l’association qui les héberge, et qui emploie, en France, « 240 salariés, et autant de bénévoles ».

Il dit : « un réfugié c’est qui ? C’est vous et moi, si la guerre éclate… Personne ne choisit d’être réfugié… »
-« … Ça m’étonnerait ! » clame un balèze.
-« Vous savez, il y a juste 70 ans, 8 à 10 millions de Français ont été jetés sur les routes… »
-« Mon père, à moi, y s’est pas barré ! ».
-« …Ouuhhh ! La guerre c’est pas le sujet ! » s’insurge une poignée d’hommes et de femmes , remontés comme des pendules.
-« Il s’agit pour nous d’accompagner des vies ordinaires, point barre… »
-« ..Alors, prends-les chez toi !! »

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« …Et pour les putes ? »

Quant à connaître le coût du séjour… « L’État le prend en charge à 100% » tranche, impavide, le petit sous-préfet. « Et chaque demandeur d’asile touche 4 à 6 euros par jour. »
-« C’est faux ! » rugit un contradicteur.
-« Je le sais : c’est moi qui paie ».
-« Mais l’État c’est nous ! »
-«  On va leur faire des cadeaux, en plus… ! »
-« ..Et pour les putes ? » lance un individu, soulevant la franche hilarité d’un petit quart de l’assistance.

Le maire en appelle, du bout des lèvres, à la « modération » et annonce la création, imminente, d’un « Comité de pilotage », qui se réunira « une fois par semaine au début, une fois tous les 15 jours ensuite. Ce comité pourrait être ouvert à des administrés ».

« Moi j’ai une question simple, propose une femme. Pourquoi 90 personnes reçues… pour 5000 habitants ? ». Interrogation pertinente, enfin. On saura bientôt si, au ratio nombre d’habitants/ exilés, Tourves va battre un record national, ce qui n’est pas impossible.

La réponse du sous-préfet, pour une fois, s’encalmine : « Calais… Brexit… Afflux vers l’Angleterre… À Calais 6500 exilés, dont 500 femmes et enfants… de plus en plus de monde… manque de temps… Ici, nous étions partis sur 120… Sur insistance du maire, nous sommes descendus à 90…».

Bronca sur « l’honneur » de la France

Au nom du « Collectif pour l’accueil des réfugiés » à Tourves, deux femmes, voix fluettes dans un micro anémié, disent les massacres épouvantables, et « la France, enrichie de tant de flux migratoires… »

– « Allez, allez..assez..C’est bon ! »
– « … Des questions !… des questions ! » scandent les hostiles.
« … Dignes dans nos propos et dans nos actes (…) »
– « …Pose-la, ta question ! » braille le chœur.
– « (…) notre honneur, au pays des Droits de l’homme… »
– «  Ouou… Ououou… Ooououhh !! ».
– «  Et pourquoi, ici, seulement des hommes ? » demande un auditeur.
– « Ils laissent femmes et enfants au pays, et partent en éclaireurs »
Nouvelle bronca.  « Ouououhh …Tous des lâches ! »
– « Dites-vous que ces hommes risquent la mort, en mer comme en montagne, pour arriver ici… et que tous n’y arrivent pas ».
– « Ououhh… Qu’ils restent se battre chez eux ! »
Un élu de Pinsavilleneuve (??? noté phonétiquement… corriger si possible… je ne l’ai pas trouvé sur Google…) livre son expérience. « Un petit village de 800 habitants… 31 migrants, dont une femme… Non seulement, au bout de 5 mois, le lieu a été restitué dans un état impeccable… mais il y a eu 80 bénévoles. J’ai un bilan … une riche expérience ».
– « Une seule femme pour tous les hommes… hé bé !…» s’esclaffe un type, le rire gras, sur le parvis.
– « À quelle heure c’est, le couvre-feu ? » crie un autre.

Tous partis « avant le 31 mars »

Ultime interrogation, légitime : le 31 mars 2017, tous seront- ils bien repartis ?
« Le Centre fermera ses portes le 31 mars pour être rendu aux vacanciers, s’engage le sous-préfet. C’est une question d’équilibre économique. Les demandeurs d’asile seront donc même partis quelques jours plus tôt ».
« Qui sera responsable des débordements si, à cette date, ils ne sont pas partis ? » prévient un opposant.
– « Et qu’est-ce qui nous dit que l’année prochaine, à même époque… ? »
La réponse du sous-préfet se fait « mouligasse ». « Il n’est pas dans nos intentions de rouvrir un CAO à Tourves dans un an. Au jour d’aujourd’hui (sic) ce CAO a vocation à être un sas d’orientation pour 3 à 5 mois ». Pas de quoi rassurer les furax.
« …Mais d’ici l’année prochaine, le nouveau gouvernement aura sûrement une nouvelle orientation à donner à la jungle » tranche le maire.
Dans un calme et une dignité exemplaires, les quelque 50 humanistes accueillants (moitié dans la salle, moitié dehors) plient leurs banderoles. « Collectif pour l’accueil des réfugiés de Tourves », « Un refuge pour les réfugiés »… Hormis les deux petites femmes au micro flagada, on ne les a pas entendus. Pas un cri. Pas un slogan. Ce soir, les vainqueurs sont du côté de la mesure. Parce que les infos, au moins, sont passées.
« Du moment que les gendarmes protègent bien nos écoles, le reste je m’en fous » dit une dame, en se fondant dans la nuit.

Résistance ?

Au pied de son château moyenâgeux dépenaillé, ultime propriété d’un comte franc-maçon, du XVIIIe, Tourves, longtemps « catho et coco », toute balisée d’oratoires et communiste « ou assimilée », de mai 1945 à mars 2008 , a voté Front National à 55,57% aux régionales de 2015. Et la vague enfle. On est dans le « tous pourris », « les Arabes dehors » et « 100% Français, 0% migrants ! ».

Cependant, face au « péril », la communauté, désormais fracturée pour longtemps, fait aussi lever un ciment : aux dernières nouvelles, 100 volontaires auraient déjà rallié le collectif d’accueil. Presque un truc à redonner la pêche à l’ancien curé Claude Valance, 83 ans aux prochaines olives, longtemps prêtre ouvrier , leader cégétiste des mineurs, et fan de Bob Marley. Voix torréfiée et le cœur large, il accompagnait, toujours, les cortèges funèbres, à pied, jusqu’à la butte du cimetière, ce qui lui vaut un respect ému, jusqu’au sein des familles mécréantes.

Brandissant l’étendard de la résistance avec ses camarades de l’ « Affront national », il avait juré ses grands dieux que, si le FN gagnait Brignoles, il partirait planter ses choux « en Californie !».

Le vieil homme de Dieu n’a pas fini de se faire des cheveux.

(*) En Paca, 980 demandeurs d’asile à héberger provisoirement, pour 5 millions d’habitants.

Dominique BILLAUD

Notes

« Réfugiés », « demandeurs d’asile » , ou « migrants » ?

On distingue rarement « migrants » et « réfugiés ». Or, la distinction est fondamentale. Parce que les exilés Syriens, Irakiens, Soudanais, Afghans, Erythréens (…) sont bel et bien des « réfugiés »… Or, la définition du « réfugié » a été votée par 145 États membres des Nations Unies. Et ces 145 États s’engagent «  à protéger ces populations dans la mesure où les réfugiés apportent la preuve des persécutions ou des menaces dont ils sont victimes ». Cela change tout, aussi, parce qu’en droit Français, l’asile que les réfugiés doivent pouvoir demander a valeur constitutionnelle. Sans oublier l’article 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen qui pose que « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ». Sauf si cette personne est poursuivie pour un crime de droit commun, ou des agissements contraires aux buts et principes des Nations Unies. On comprend mieux, dès lors, pourquoi les opposants à toute forme d’accueil emploient toujours le vocable de « migrants ».

« Nous avons le sang chaud, dans notre beau Midi »

Morceaux choisis sur quelques sites dont celui de « Riposte laïque »  qui prône « un monde sans Islam ».
Guillemets et les fautes d’orthographe ont été conservés.
Toute ressemblance avec un propos perçu par quelque quidam, en ces temps, à Tourves, serait évidemment pure coïncidence.

« Les commentaires que j’entends au village, surtout de la part des anciens, ne présagent rien de bon envers ces « invités » s’ils bougent un oeil. Nous avons le sang chaud, dans notre beau Midi ». Alias « Une Française » octobre 2016.

« Les places dans les hôpitaux psychiatriques doivent être réservées aux musulmans, dont nous savons à quel point ils y ont leur place ». Alias « Patito ».

« Il faut profiter de la venue de ces migrants. Un hôpital pour traiter les déséquilibrés de cette secte moyenâgeuse de malades mentaux ». Souvenir, souvenir…

« Il faut arrêter cet envahissement (*) d’une terre unique dans le monde, de part sa culture, ses valeurs, ses principes, sa cuisine, son humanité, etc. Ces migrants sont des humains comme nous tous, mais ils sont dangereux à cause de leur religion. Si l’Europe et la France en particulier veulent les aidés, alors ils doivent cesser leur soutient aux dictatures muzzz, et qu’ils les aides chez eux, c’est beaucoup mieux. L’Islam, c’est l’Islam, et il fonctionne comme en l’an 600, il n’est pas compatible avec le XXIème siècle ». Alias « Ali l’apostat » 3 octobre 2016. Rachid Benzine, Malek Chebel, et tous les soufistes éclairés d’un Islam des Lumières apprécieront…

• « Il faut harceler ce maire (Pierrefeu-du-Var), lui écrire à la mairie, laisser un message mail à la mairie, téléphoner à la mairie et chez lui. Il faut que ces sales traîtres à la France commencent à comprendre qu’ils peuvent être harcelés d’abord avec des moyens simples et rapides, ensuite par bien pire !! Ne les laissons pas faire impunément leurs saloperies contre les Français. Agissons, mais ensemble, en nombre ! ». Signé  « Deniaud ».

• « Non à l’invasion migratoire. Sauvons notre pays » (Jean Théron, vice président de « résistance Républicaine » et « responsable Paca »).

• Le maire de Pierrefeu-du-Var « confond ruralité et barbarie islamique.(…) On croyait que Pol Pot et Staline étaient morts ».

« Je souhaite à mon interlocuteur pro islamiste que sa fille termine comme une éponge à sperme dans un BMC de Daesh ». D’un « Dan Alex Besson ».

« Tu pues l’Arabe. Que le FN aille te violer ».

• À Caroline de Haas, militante féministe écolo (plainte déposée au Parquet) : « Qu’elle se fasse violer part ces migrants, cette pute de collabo (…) Effectivement, vous êtes bien une sacré connasse. que les muzzz de France vous sodomisent à sec ».

• À Marianne Reynaud-Jeandidier (en charge des affaires sociales à la mairie de Cognac, et en faveur de l’accueil des migrants), sur Facebook, « Je b… les Arabicciu ».

• À Insaf Resahui, secrétaire de section PS à Fréjus, et à sa sœur, mineure : « Dis bien à ta petite sœur, Insaf, que nous, dans la basse ville de Toulon, nous sommes en train de chercher à la chopper (…) Nous les blacks aux grosses bites, on cherche à aller l’enculer à sec sur le sommet su mont Faron. Que surtout elle dégage du Var, cette Mongolienne. On veut que son anus pisse le sang ». Alias Gilles Meyer, un habitué (« Que le FN aille te violer, dans ce cas. Je vais leur dire d’y aller volontiers »). « Ma petite adolescente, crois-moi, tu es bientôt morte ».

Porter plainte

Les lois de la République s’appliquent également à Twitter. L’individu qui avait menacé Rokhana Diallo («  Il faut violer cette conne de Rojkaya, comme ça, fini le racisme ») a été condamné à 2000 euros d’amende et 10 000 euros de dommages et intérêt. Et l’incitation au viol est l’une des infractions les plus sévèrement réprimées dans la loi sur la liberté de la presse : 45 000 euros d’amende et 5 ans d’emprisonnement… en principe.

Finalement, à quoi servent les mots s’ils ne disent que du vide ?

C'est un taiseux, Didier. Aux questions du président, il murmure parfois de ténus "oui" ou "non" qui ne cachent pas le tempêtueux fracas de honte et de remords, déchaîné derrière ses yeux humides. Didier ne parle un peu, et encore si peu, que … [Continue reading]

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Défèrement, tamisage, prétoire, référé… Une des difficultés de mon métier, c'est de veiller à entretenir de bonnes relations avec les mots : tant avec les mots communs qu'avec ceux du droit, qui sont précis et rarement fantaisistes. Les mots … [Continue reading]

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Ce matin, j'ai suivi une audience du tribunal de police, de contravention "5e classe". Allez… Amusez-vous bien avec ! Claire est bonne fille et étudiante en psychologie. Mais elle ne tient ni l'alcool ni le  vacarme des discothèques. Et avec ça … [Continue reading]

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