A Reuilly, la tombe de Marius Jacob était fleurie…

Marius_Jacob

Marius Jacob (doc Wikipedia)

Les vacances se terminent.

Je suis passé à Reuilly dans l’Indre, à 250 km d’Angers : 2000 habitants autour d’un petit mais fameux vignoble : un des rares de Loire à conjuguer le pinot noir. C’est un vin qui sent la terre et l’esprit, l’audace et la tradition bien charpentée, la cerise et le sous-bois, le rouge et le noir…

Tout ça pour dire qu’en passant, je me suis arrêté au cimetière.
C’est là que se trouve la tombe de Marius Jacob (1879-1954) : anarchiste, illégaliste, cambrioleur de génie, bagnard, grand cœur… Un vrai, un dur, un pur…
La légende suggère qu’il fut un des modèles de Maurice Leblanc pour inventer le personnage d’Arsène Lupin. Mais Jacob fut bien plus fort encore que le bel Arsène. Son audace cambrioleuse, son imagination, sa rage de vivre et sa ferveur révolutionnaire en font un des personnages les plus impressionnants de l’histoire politique et délinquante française.
Je dis ça très sérieusement, même si la renommée a été très oublieuse à son endroit et la République en son temps impitoyable.
A Reuilly, j’ai été bien surpris de voir que la tombe était fleurie cette année. Quelqu’un avait même mis un petit billet sur la tombe, citant Marius Jacob : « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ».
L’admirateur anonyme a ajouté un « Merci, M. Jacob ».
Ça alors ! J’ai donc quelque part un frère en admiration…
La phrase ne m’a pas quitté depuis : « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ».
C’est beau, c’est fort, c’est imparable et d’une inconcevable actualité.
C’est fou ce que mon époque me paraît minable en cette rentrée…
Merci, Monsieur Jacob.
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J’ai lu, il y a longtemps, la biographie qu’en avait faite Bernard Thomas, journaliste au Canard enchaîné, chez Tchou dans les années soixante-dix. Fascinant…