Il faudrait que certains procès soient filmés…

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La cour d’assises de Maine-et-Loire

Il faudrait filmer certains procès d’assises. Celui qui vient de se clore à Angers aurait été la meilleure des préventions contre la drogue et le cannabis. Tout y était réuni pour qu’un ado y trouve son compte, sans morale, ni discours : un accusé pas vraiment méchant, des copains qui n’en sont pas tout à fait, des parents qui font ce qui peuvent et qui finissent par perdre pied, et puis un drame surhumain, à hauteur d’une tragédie grecque, entre Eschyle ou Sophocle.

C’était l’histoire d’un gamin de vingt ans, habitant un petit village angevin. Depuis la sixième, fume du cannabis et traîne son ennui avec des « copains » pas vraiment recommandables. Au début, les parents n’ont pas voulu voir ce qui se passait. Et puis, ils ont laissé faire. Le sous-sol du pavillon familial était devenu le squat où se retrouvaient pour boire et fumer le fils et ses copains, tous à peu près désœuvrés et déscolarisés.

Un soir de juin 2011, il y a eu une altercation entre les fumeurs. Le fils de la maison est allé chercher la carabine paternelle pour faire partir ses amis enfumés. Pour les impressionner il a tiré, en prenant soin de ne pas les viser mais en tournant la carabine sur le côté… là où passait sa mère qu’il n’avait pas vu venir et qui a pris la décharge en pleine tête. Elle est morte sur le coup.

Vendredi, le gamin a pris 8 ans de prison, pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Mais la peine a très peu d’importance. D’ailleurs, ce pauvre gosse, traumatisé d’avoir tué sa mère, ne souhaite même pas sortir de prison, bien que sa famille le soutiennent malgré tout.

Voilà. C’était un « beau » procès. Intelligent et juste.

En écrivant les compte-rendus des quatre jours de procès, je me disais que dans tous les drames qui ont tout récemment marqué la vie judiciaire angevine, on retrouvait ce mélange de cannabis, d’alcool, de jeunesse à la dérive et de parents désemparés.

L’émotion est le plus pédagogique des discours.

C’est dommage que ça n’ait pas été filmé. Il y avait là une belle justice et des débats humains et passionnants. Et toute cette désolation aurait au moins servi à quelque chose…

Note : Il arrive quelque fois, très rarement, que des procès d’assises soient filmés. Aux professeurs des lycées qui me le demandent, je recommande toujours le beau documentaire de Mika Gianotti « Zone d’ombre », que les éditions de L’Harmattan ont édité en DVD et qui semble toujours disponible.