Lecture : « Singe » de Serge Bilé et Audifac Ignace

Couv. SingeMon billet de la fin octobre, au sujet de cette fillette qui brandissait une banane lors de la visite de Mme le Garde des sceaux à Angers, m’a valu des manifestations d’antipathie très détestables, mais aussi de touchants soutiens.
Une dame des éditions Dagan m’a envoyé un livre. « Non pour que vous en fassiez un article, m’a-t-elle dit, mais pour vous remercier de votre réaction ».
Malgré le souhait de cette dame, je voudrais quand même dire un mot de ce livre qui s’appelle « Singe, les dangers de la bananisation des esprits », écrit par Serge Bilé et Audifac Ignace, et dans lequel j’ai beaucoup appris.
« Singe » va chercher à la source de cette histoire de banane. Il recense toutes les manifestations publiques : politiques, médiatiques, sportives… où des personnes noires ont été ainsi comparées à des singes.
Non, brandir une banane n’a rien de drôle ni d’aimable. Oui, c’est un racisme odieux, dont la vogue récente semble née en Italie au commencement de la carrière politique de Cécile Kyenge, née au Congo et aujourd’hui Ministre de l’intégration dans la Péninsule. Oui, c’est un vieux cliché, qui prend racine dans les pires théories raciales du XIXe siècle.
Le livre n’est pas un pamphlet. Il ne fait que poser des faits, calmement et froidement. Le phénomène est là, dont sont victimes Christiane Taubira et plein d’autres.
Définitivement, « Singe » permet de ranger les explications des parents de la fillette qui avait brandi sa peau de banane à Angers pour ce qu’elles sont : des mensonges pitoyables et consternants.

« Singe » de Serge Bilé et Audifac Ignace, Dagan Éditions, sortie le 12 décembre 2013, 118 pages, 11,50 €.
 

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