User des mots du droit… à bon droit

Petit illustré justice ordinaireDéfèrement, tamisage, prétoire, référé…

Une des difficultés de mon métier, c’est de veiller à entretenir de bonnes relations avec les mots : tant avec les mots communs qu’avec ceux du droit, qui sont précis et rarement fantaisistes.

Les mots sont comme les gens.

Comme eux, ils aiment être approchés avec respect et humilité.

Comme eux, ils apprécient être estimés à leur juste valeur et ne se mêlent qu’en de rares occasions, qu’il faut parfois provoquer.

Comme eux, il faut savoir les aimer pour ce qu’ils sont, les bousculer lorsqu’ils s’embourgeoisent et s’embonpointent, les séduire parfois pour les embarquer, de plus ou moins bon gré, dans d’improbables fêtes. Eux et moi, on se marre bien, quelquefois.

Moi qui balance entre deux mondes, celui des lecteurs et celui des gens de droit, je dois toujours veiller à rester à la lisière : être précis et respectueux, exact et abordable, en évitant avec un pareil soin la distante érudition comme la simpliste approximation.

L’avocat angevin Pascal Rouiller a voulu faire un livre qui se situe à la même lisière. Dans un beau livre qu’il vient d’écrire, il se propose d’expliquer au grand public les mots de la justice pénale.

Le pénaliste a eu la bonne idée de s’adjoindre les services du dessinateur Gérard Berthelot, tout pareillement angevin, et qui joue justement et avec talent du décalage qui existe entre ces mots de la justice criminelle, qui tournent en boucle sur toutes les télévisions et les radios, et ce qu’en comprennent les auditeurs distraits ou facétieux.

Il y a plus d’une centaine de mots parfois bien connus, d’autres plus difficiles, qui sont ainsi expliqués et illustrés. C’est drôle et intelligent, précis et décalés, on s’amuse et on apprend.

Bref, c’est très bien…

« Petit illustré de la justice pénale ordinaire, les mots de la justice », par Gérard Berthelot et Pascal Rouiller. Editions Joe, 219 pages, 19 euros.