Le tribunal de Saumur a rouvert, et ça n’a pas de sens…

IMG_4195Alleluia ! Le tribunal de Saumur a été inauguré hier. Fermé il y a quatre ans par Rachida Dati, il a été rouvert par Christiane Taubira.

« Faire et défaire, c’est travailler », disait ma grand-mère.

A l’exception notable de quelques élus, des avocats (tant les Saumurois que les Angevins, qui ont toujours clairement affirmé leur position et n’en ont pas changé), et des huissiers de justice qui ont su profiter de l’occasion pour départementaliser leur compétence, il est assez cocasse de constater que les partisans de la suppression sont aujourd’hui les laudateurs du rétablissement.

Je pense l’exact contraire : la suppression du TGI de Saumur en décembre 2010 fut une ânerie et son rétablissement en 2014 en est une autre, mais on n’est plus à ça près.

En 2010, la disparition du TGI de Saumur fut une catastrophe pour tout le Saumurois (une de plus…), qui désorganisa durablement l’administration de la justice en Maine-et-Loire, coûta fort cher et ne fut d’aucun bénéfice. Personne en outre ne fera jamais le compte des dossiers perdus et des audiences renvoyées, ce  dont j’ai été le témoin.

Son rétablissement (d’ailleurs en mode très réduit) a déjà désorganisé depuis quelques mois le tribunal d’Angers dans l’autre sens. Le voilà désormais entaché de clientélisme par ricochet.
Restons humble en effet : si le tribunal de Saumur a rouvert, c’est uniquement parce que le candidat Hollande avait promis de rouvrir celui de Tulle, qui ne devait pas être le seul.

Soyons complet et équitable : si celui de Tulle avait fermé en 2010, faisant de Tulle la seule préfecture de France à ne pas être dotée d’un TGI, c’était fort probablement pour nuire à son maire, François Hollande.

Dans tout ça, l’État a encore oublié d’être raisonnable, un tant soit peu rigoureux, de définir un objectif clair et de savoir le garder, tant en 2010 qu’en 2014.

Le monde de la justice n’a pas besoin de ça.

Nous vivons dans un curieux pays dont le spectacle me laisse comme toujours partagé : D’un côté, je suis admiratif de toute la somme d’intelligence, de bienveillance, de bonne volonté qui anime tous les jours les acteurs de cette immense machine judiciaire (et je suis là très sincère).

Et d’un autre côté, je suis consterné par la médiocrité des politiques qui sont menées, leur petitesse, leur mesquinerie, l’absence de vision et la faiblesse des caractères.

On ne mérite vraiment pas ça.