Le roman vrai d’un flic de la PJ

FeuvrayUn beau livre, vrai et sincère.

Il n’est pas fréquent que des policiers parlent du quotidien de leur métier dans un livre. Ou alors, ce sont des anciens qui ne sont plus dans la Grande Maison, à la façon de Roger Borniche, qui en avait largement exploité le filon, après les spectaculaires arrestations d’Emile Buisson et de René La Canne, dans les années cinquante.

Dominique Feuvray n’est pas un flic d’esbroufe ni de roman. D’ailleurs avec son air doucereux et ses façons presque timides, il a l’air de tout, sauf d’un flic de police judiciaire. « Mon travail, c’est juste d’arrêter les bandits », dit-il, presque en s’excusant. Mais à Angers, cet enquêteur discret bénéficie à la fois du respect des « bandits » et de la confiance absolue des magistrats et de ses collègues.

Son livre de « souvenirs romancés » porte l’empreinte de son caractère. En fait, c’est bien un vrai livre de souvenirs. Tout y est vrai. La part de roman s’arrête aux noms de familles des personnes mises en cause, qu’il a modifiés. Pour le reste, ce n’est rien que du vécu de flic, que Dominique Feuvray raconte avec talent et modestie, sans occulter la part de chance qui parfois donne à ses enquêtes de sérieux coups de pouce.

Le monde des bandits est fascinant et on sent bien, à la lecture de ce livre, qu’il fascine également l’auteur, particulièrement la créativité et l’imagination du gratin des cambrioleurs, mais aussi l’étrangeté nauséeuse de certains prédateurs sexuels.

« Juges, indics, voyous » est un livre à la fois déprimant et jubilatoire, comme notre monde, comme la vie.

« Juges, indice, voyous, chroniques de police judiciaires », par Dominique Feuvray, àpart éditions, 196 pages, 14 €.

Présentation du livre sur le site des éditions àpart.