La télé débarque : panique à la maison de retraite.

De guerre lasse, l’avocate de la vielle dame, Me Meriem Baba (debout) a organisé une séance de prise de vue spéciale pour les caméras de la télé. Pour que la maison de retraite puisse retrouver son calme…

Je ne suis pas fier parfois. J’ai même carrément honte de partager un même métier, une même carte de presse, avec certains confrères…

Cette semaine, j’ai vu une équipe de télé traquer une vieille dame quasi grabataire de 93 ans.

Le procès de son neveu débutait cette semaine devant la cour d’assises de Maine-et-Loire : un ancien garagiste était accusé d’avoir tenté de l’assassiner, en se faisant passer pour un rôdeur. Le neveu a fait ça pour précipiter l’héritage mais c’est bien ballot : non seulement la tante n’est pas morte, mais il est sans doute en prison pour longtemps.

Pour tenter de filmer la vieille dame, mes chers « confrères » ont fait le siège de sa maison de retraite, en se recommandant de son avocate (ce qui n’était pas vrai) et en tentant une diversion : pendant qu’une partie de l’équipe baratinait la directrice au bureau de l’accueil, un caméraman tentait d’entrer par une porte de derrière pour accéder à sa chambre.

Finalement, de guerre lasse, les zozos ont obtenu ce qu’ils voulaient. Une entrevue de quelques minutes a été organisée ce vendredi à l’intention de la presse.

Séance pitoyable : la vieille dame, sidérée du tourbillon de caméras et de micros qui tout à coup la cernaient, n’a pas dit trois phrases, malgré les relances mielleuses et hypocrites de l’intervieweur de la même équipe de télé : « On est bien content de vous voir en bonne santé ! ».

Ce que tu me dégoutes, collègue… Tu t’en fiches sans doute, mais tu me dégoutes…